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Le RISQUE de la PAROLE
par Pierrette Bélanger
S'exposer, c'est risqué.
Les politiciens en savent quelque chose, de même que tous ceux qui
expriment des opinions qui vont à contre-courant. J'ai beaucoup
d'admiration envers ceux qui militent pour défendre des causes nobles,
et pour ceux qui ont l'audace de dénoncer publiquement différentes
sortes d'abus, ne serait-ce que le gaspillage de l'eau. II y a des
risques à combattre et à s'exprimer.
Parler, écrire, nommer
et affirmer ses croyances et sa foi, c'est aussi s'exposer et c'est
risqué, car en le faisant, on confronte et on dérange, c'est certain.
Mais peut-on faire autrement, lorsque l'on a pris conscience du mystère
qui nous entoure, de ce quelque chose de grand qui nous dépasse et qui
nous habite ?
J'ai envie de vous
raconter ce qui arrive à cette petite hirondelle qui a établi sa demeure
dans ma cour arrière. Toute la journée, elle virevolte, elle s'amuse à
courir les insectes et à chanter sa joie de vivre. Un beau jour, je la
vois, je la sens différente, elle est affairée à d'autres tâches. Elle
ramasse des brindilles et travaille à construire un nid. Une vie
nouvelle est en elle et instinctivement, elle ne peut s'empêcher d'agir
en fonction de ce qui l'habite, de ce qui s'en vient et ce, malgré les
difficultés, malgré la pluie et les vents de certains jours.
Je pense que c'est un
peu la même chose pour nous, dès que l'on découvre ce cadeau d'être
habité par Dieu; on accepte alors facilement de laisser un peu de côté
sa vie pantouflarde et sans souci, de dire tout haut ses valeurs et sa
foi. Parfois on consent même à dévoiler des régions de son âme que l'on
garde ordinairement si bien cachées.
Vous me direz avec
raison que comme pour l'oiseau, le temps n'est pas toujours au beau fixe
et que nous devons subir des jours de vent et de pluie. Eh oui, l'échec,
la maladie, la solitude, l'incompréhension amènent souvent la lassitude
et les ténèbres et même une tentation de morosité. Je dirais qu'à ce
moment-là, c'est l'heure de faire face, de tenter de remettre le cap sur
ce qui s'en vient, d'affirmer notre foi à la vie nouvelle qui est en
nous, de fixer le bout de la route et d'attendre l'ultime rencontre. Là
me semble être la sagesse.
Et comme l'hirondelle,
tenter de profiter de toute la beauté du monde, de recueillir les plus
petites brindilles de joie de la vie quotidienne et de... prier... de se
retrouver dans son cceur profond, pour écouter et se laisser aimer.
Lorsque je réussis à
faire face et à agir ainsi, je me sens tout à coup avec des forces
neuves, je trouve le merveilleux dans l'ordinaire, et véritablement je
peux dire : « ça va fondamentalement bien. »
Le Messager de
Saint-Antoine